Voeux du Maire

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Vie municipale & citoyenne

Je me souviens bien de l’année dernière, des paroles que nous avions prononcées après Charlie. Nous avions appelé de nos vœux la paix et la fraternité. Et nous avons eu le Bataclan.
Les vœux ne servent donc à rien. Ils sont un rituel dérisoire, frivole et inefficace,

Et cependant nous sommes là aujourd’hui, nous qui représentons ici plus que nous-mêmes, associations, institutions, organismes publics.
Et si nous sommes ici, au nom de beaucoup d’autres, c’est parce que dans ce rituel désuet et inefficace se joue pourtant quelque chose de notre résistance au déferlement de la folie et de la haine.
Les vœux, c’est une manière de réaffirmer, sans découragement, sans relâchement que nous continuons à choisir de porter sur ce monde un regard de bienveillance plutôt qu’un regard de peur, de conflit ou de haine.
Nous sommes là parce que cette année encore, nous choisissons la bienveillance.

Il ne faut pas se fier aux apparences.
Le regard bienveillant que nous portons sur notre manière d’être ensemble, sur notre pays, notre région, notre département, notre territoire, notre ville, notre quartier, n’est pas un regard faible et mou, un regard gentil et indulgent. Notre bienveillance est exigeante.

Elle est une vigilance. Notre bienveillance est sur ses gardes. Elle se sait menacée par de multiples adversités, mais aussi menacée soit-elle, aussi contestée soit elle, aussi décriée soit-elle, elle choisit d’être le premier regard que nous portons sur le monde.

Mesdames, Messieurs, quel serait le sens de notre engagement politique, associatif et même professionnel sans cette bienveillance ?

C’est la bienveillance avec laquelle nous regardons notre ville qui nous met à l’œuvre. S’il fallait résumer notre projet en une phrase, je dirais : notre projet c’est mettre de la vie à la place du vide.

Tout le monde voit bien les vides qui se sont creusés dans notre ville au fil des ans.
Dans le patrimoine de la ville, les écoles de la ville, les vitrines de la ville, le tissu industriel et artisanal.
Mettre de la vie dans les rues de la ville.  C’est là que se situe la tâche que les Orthéziens nous ont assignée.

Sur ces chantiers, nous nous  sommes d’ores et déjà engagés. Les premiers signes concrets ont été posés en 2015. Avec la restructuration de l’école du centre, le transfert de l’office de tourisme.
Mais 2015 a été aussi une année extrêmement studieuse qui va nous permettre sur tous les chantiers que j’ai cité de poser en 2016 des actes beaucoup plus larges, beaucoup plus forts :

2016 c’est :

  • La rénovation complète de la mairie, mettre de la vie dans le vide de l’ancien tribunal
  • La présentation dans quelques jours (le 28) du scénario d’aménagement de la Minoterie. Cette friche industrielle si douloureusement emblématique
  • Le début sous maîtrise d’ouvrage de la CCLO de la rénovation des places et rues de notre Ville
  • Toujours sous maîtrise d’ouvrage CCLO la construction de la crèche
  • Dans une réflexion partagée et à coup sûr compliquée avec les directeurs d’école, les enseignants et les parents d’élèves, des décisions à prendre pour regrouper nos forces scolaires. Comment échapperions-nous à  cette nécessité alors même que nous avons perdu 25% de nos effectifs maternelle et primaire depuis 2000 ? il faut agir pour que le vide ne gagne pas à l’intérieur de chacune de nos écoles.

Je voudrais terminer en soulignant à quel point nous serions dans l’incapacité de mener seuls à bien ces chantiers- et bien d’autres qu’on me pardonnera de ne pas énumérer (je pense par exemple au travail de réflexion intense mené avec le centre socio culturel et le conseil départemental sur le dispositif prévention et animation jeunesse) ( et aussi à la Virginie).

La clé de notre réussite n’est pas seulement dans la poursuite du redressement de nos comptes ou dans notre énergie. La clé de notre réussite est dans la qualité de la collaboration que nous nous efforçons d’établir avec l’ensemble de nos partenaires.

Et il est vrai qu’on ne s’improvise pas collaborateurs. On le devient et on ne le devient qu’en partageant, en forgeant ensemble une communauté de bienveillance. Pour moi, une réunion de travail c’est d’abord ça !.
Mais il n’y a pas de collaboration fructueuse sans une bienveillance partagée. C’est vrai avec toutes les associations qui, année après année, prouvent ici leur vitalité. C’est vrai aussi dans chaque strate de réflexion et d’actions politiques. C’est vrai bien sûr, d’abord avec les services et agents de la Ville, premiers de tous nos collaborateurs.

Un mot particulier pour les élus et agents de la CCLO avec qui nous apprenons à faire converger nos regards parfois divergents pour forger ce regard commun et bienveillant sur notre territoire.
M le Président, M le Directeur général des services, je salue au travers de vous l’ensemble de nos collaborateurs de la CCLO.

Le contrat territorial qui nous lie au Conseil départemental a été l’occasion d’éprouver aussi la qualité d’accompagnement et de collaboration avec les services du Conseil départemental et avec les élus de notre territoire. Mme la Vice-présidente, M le Conseiller délégué, je salue la constance de votre engagement à nos côtés. Sans doute avons-nous une convergence à travailler avec notre député. Le menu de notre collaboration ne peut pas se limiter à quelques vœux durs. Nous avons, s’il le veut, un chemin à parcourir ensemble.

En remerciant chacune et chacun d’entre vous d’être présent ici ce soir, j’émets, à l’encontre de tous ceux que vous représentez, des vœux de fraternité et de bienveillance partagée. Et je souhaite que, quoiqu’il arrive, nous nous retrouvions l’an prochain pour réaffirmer que nous ne choisissons pas d’autres socles à nos engagements.

Bonne année 2016 !

Yves DARRIGRAND, Maire d'Orthez.