Maison Jeanne d’Albret

Riche demeure bourgeoise du  XVIe siècle, elle fut donnée par Arnaud de Gachissans à Jeanne d’Albret, mère du futur Henri IV.

Elle accueille aujourd’hui au rez-de-chaussée l’Office de Tourisme, et, aux premier et deuxième étages le Musée Jeanne d’Albret, consacré à l’histoire du protestantisme béarnais.

Maison Jeanne d'Albret

Maison fortifiée puis gentilhommière du XVe siècle, la Maison Jeanne d’Albret fut offerte au XVIe siècle par son propriétaire aux rois de Navarre (Jeanne d’Albret et Antoine de Bourbon). Elle sera dès lors appelée « Maison du Roy ». Elle devait servir de refuge à Jeanne d’Albret et à son jeune fils, le futur Henry IV, alors que le château et la ville de Pau étaient menacés par les épidémies.

Cette maison présente un très bel ensemble architectural des XVe et XVIe siècles qui permet une lecture de l’évolution de l’architecture urbaine sur deux siècles.

Ses façades sont percées de belles et larges croisées et aménagées de balcons. La communication entre les étages est assurée par un escalier à vis extérieur protégé par une tour hexagonale. Le jardin est occupé par un pigeonnier à colombages du XVIIe siècle qui s’élève à onze mètres de hauteur et par un kiosque d’agrément du XVIIIe siècle.

La maison Jeanne d’Albret possède une partie qui remonte au XVe siècle, le long de la rue Roarie : seule sa façade sur cour peut être étudiée tant cette maison a été remaniée. C’est à partir de ce noyau primitif que la maison s’est développée par des extensions successives au XVIe siècle.

À partir du XVIe siècle, des extensions sont construites de part et d’autre de ce bâtiment primitif. À l’ouest, d’abord dans l’espace restant entre la maison et le rempart, puis vers l’est. Le calcaire est alors abandonné au profit de grès fauve, plus tendre et du galet abondant dans la région et bon marché qui est enrobé et appareillé en « feuilles de fougère » (opus spicatum), motif courant en Béarn.

Maison Jeanne d'Albret (jardin)

La partie du bâtiment qui donne sur la rue Bourg-Vieux a été disposée de manière à ménager une petite cour mettant en valeur l’entrée principale au pied de la tourelle d’escalier. A l’origine c’était l’emplacement de la Tour de l’horloge détruite au XIXe siècle.

La tourelle abrite un escalier à vis. De forme octogonale et située dans l’angle des deux corps de bâtiment, elle permet la desserte des deux ailes à tous les étages. Un balcon extérieur permet d’accéder de la tourelle au premier étage de l’aile gauche. Celui-ci est purement décoratif car une autre porte donne directement de la tourelle à la pièce.

A l’intérieur, l’escalier dessert des portes surmontées d’arcades tandis que de petites niches ont été aménagées dans les parois des murs pour y loger de l’éclairage.

La maison Jeanne d’Albret présente donc un ensemble très composite avec des pièces qui au fil des années ont dû connaître des fonctions très différentes. Chaque époque y a laissé la marque de son style, style architectural mais aussi style de vie. Elle constitue un ensemble privé important qui permet une lecture de l’évolution de l’habitat, de l’urbanisme et du mode de vie sur plus de deux siècles.